Datacenters – les nouveaux coffres-forts helvétiques

Coffres-forts helvétiques

Les coffres-forts sont liés à la psyché helvétique depuis longtemps.

Astérix et Obélix déjà, il y a près de deux millénaires, s'y sont frottés!

Car qui dit coffre-fort dit banque (et secret bancaire); et qui dit banque dit Suisse.

Avec les montres, le fromage fondu et le chocolat, les banques font partie de la quadrilogie de clichés qui ressortent inévitablement lorsqu'on aborde le sujet "Suisse" à l'étranger ou en Suisse avec des étrangers.

Suisse

Mais au XXIème siècle, c'est une autre variété de coffres-forts qui se met à pousser comme des champignons après la pluie en Helvétie: les coffres-forts numériques, plus connus sous le nom de datacenters (centre de données).

Les datacenters sont des bâtiments regroupant des serveurs informatiques en grande quantité. Ils sont de plus en plus nombreux et leur capacité croît régulièrement depuis l'avènement du cloud. Ils stockent en effet toutes les données générées par le concept d'infonuagique (cloud computing).

Serveur

On en dénombre plus de 8 millions sur la planète. Cela représente en 2018 plus de 100 exabytes de données. Le petit dernier de chez IBM devrait permettre de stocker à lui seul plus de 100 pétabytes sur 200'000 disques durs interconnectés.

100 pétabytes = 100 millions de gigabytes = 143 millions de cédéroms

100 exabytes = 100 milliards de gigabytes = 143 milliards de cédéroms

[1 cédérom = 0,7 gigabyte]

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Byte

e-Coffres-forts helvétiques

La sécurité des informations, c'est le principal souci des utilisateurs du cloud. Les données sont "quelque part dans les nuages", est-ce vraiment sûr? On a l'impression de perdre le contrôle sur ses données. Alors qu'elles sont entre de bonnes mains, au moins aussi bonnes que sur un serveur d'entreprise, voire meilleures.

Microsoft garantit par exemple un fonctionnement et un accès à ses données Office 365 durant 99,9% du temps (maximum 10 minutes par semaine d'indisponibilité). De plus, si l'on n'est pas 100% convaincu, on peut aussi miser sur l'hybride (on-premise + cloud).

Qui dit cloud, dit donc datacenter.

Alors en quoi ces datacenters sont-ils les nouveaux coffres-forts helvétiques?

La discrétion helvétique, qui a fait les beaux jours des banques et de leurs secrets bien gardés, y est sans doute pour quelque chose. Certains voient même dans ces coffres-forts numériques une sorte de secret bancaire 2.0.

La réputation de la Suisse attire même Kaspersky, qui compte y installer un centre de données pour échapper à des soupçons d'espionnage politique.

Serveur

La localisation des données joue aussi un rôle, même si celui-ci peut sembler subjectif. Car que vos données soient au Nevada ou dans la campagne genevoise, elles seront tout autant en sécurité. Mais le fait de savoir ses données proches rassure.

Microsoft ne s'y trompe pas et s'apprête à ouvrir des datacenters en Allemagne et en Suisse, pour être au plus proche de ses clients.

Autre facteur beaucoup moins subjectif: le cadre légal, qui lui, peut fortement différer entre le Nevada, la campagne genevoise ou même la France voisine.

Suisse

En effet, les données stockées sur des datacenters helvétiques ne sont pas accessibles par des tiers sans l'ordre d'un juge. En outre, les contrôles administratifs sur les données ne sont pour l'heure pas inscrits dans le cadre légal en vigueur (comme c'est le cas dans l'Union Européenne et aux USA). De plus , il n’y a rien actuellement dans la loi Suisse qui interdise de chiffrer ces données.

Même si tôt ou tard, la Suisse devra se mettre au diapason de ses voisins européens en matière de protection des données (le fameux RGPD concernant toute entreprise ayant des clients dans l'Union Européenne), gageons que la réputation des coffres-forts helvétiques perdurera tout autant que nos autres clichés nationaux que sont la fondue, le chocolat, les montres et les banques!

Une Suisse qui détient par ailleurs le record du plus grand nombre de datacenters par habitant.

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